I. Répartition
de la châtaigneraie en France et en Corse.
La France produit 12500 tonnes de châtaignes
par an et se place au 3ème rang européen et au 8ème
rang mondial, le leader mondial étant la Chine. Ces régions
de France sont l'Auvergne et l'Ardèche principalement.
On estime à 250 le nombre de producteurs de châtaignes, dont
près de 200 en Haute-Corse. Actuellement la récolte annuelle
s'élève à 1200 tonnes dont 85% sont transformés
en farine. L'ensemble de la production provient des régions de
Castagniccia, Nebbiu, Capi Corsu, Bozziu, Niolo, des Duo-Sevi, des Duo-Sorru,
Cruzzini, Celavu, Bastelica, du Alto-Taravo, Prunelli et Alta-Rocca.
Moulins
non adhérents au GRPTCMC Moulins
adhérents au GRPTCMC
Répartition de la chataigneraie
II. La récolte
et la taille du châtaignier.
Le châtaignier commence à produire des
fruits vers la cinquième année de greffe, et atteint son
produit maximum vers 60 ans soit plus de 55 ans de production potentielle.
C'est vers la mi-octobre que commence la cueillette. Fin décembre
la récolte s'achève.
Tous les trois ans il faut tailler les arbres à la fin de l'hiver
et régulièrement planter et greffer les rejets pour assurer
le renouvellement de la châtaigneraie et lui assurer son cycle commercial.
Le châtaigner a besoin qu'on s'occupe de lui et le plus grand danger
qui le guette c'est l'abandon, son plus grand ami : l'homme attentionné
sachant émonder les jeunes pousses de greffe.
III. L'histoire
de la châtaigne en Corse.
Père nourricier de l'homme et de l'animal troqué
contre toute sorte de produits provenant du reste de l'île (huile,
vin agrumes), ressource monétaire intéressante pour payer
les impôts et entretenir les courants d'échange avec l'extérieur
(ce qui, d'ailleurs, tend à prouver que la Castagniccia ne vivait
pas autant que cela en autarcie), matière première dure,
quasiment imputrescible, souple tenace, et élastique pour menuisier
et ébéniste (menuiserie extérieure, charpentes, parquets,
tonnellerie et piquets de clôture) et même bois de chauffage
(mais il est médiocre dans cette fonction là car il éclate,
donne des étincelles, peu de flammes et trop de cendres). Tel se
présente le châtaignier dont les jeunes tiges servent à
faire des cercles, des claies, des treillages, des échalas, les
bogues utiles pour faire le compost, les feuilles pour donner à
manger aux troupeaux ou garnir la paillasse, les troncs pour fabriquer
des ruches.
En 1835, Robiquet écrivait que "lorsqu'un habitant du canton
d'Alisgiani mariait une de ses filles, il faisait servir à ses
convives 22 mets différents, tous préparés avec de
la farine de châtaigne". De ces préparations, on en
aurait recensées pas moins de 36. Il est également dit que
la feuille du châtaignier est un remède contre la fièvre
et contre la toux, ce qui explique peut-être que les "falculelle"
soient cuites sur des feuilles de châtaignier.
IV.
Le saccage des châtaigniers en Corse.
Le saccage des châtaigniers a débuté
avec l'installation en Corse des usines de teinture. Avec la complicité
d'imprimeurs corses, on assistait à une véritable "taglia,
taglia". Chaque année, de 30 à 40 tonnes de bois étaient
portées aux usines. A l'époque de la présence sur
l'île de ces usines, la Corse exportait 2866 tonnes de châtaignes
En 1936, ce chiffre a considérablement baissé, ne représentant
plus que 1850 tonnes de châtaignes et 41 tonnes de farine. Pendant
ce temps, les châtaigniers disparaissaient et les arbres coupés
n'étaient pas remplacés. Ce qui explique la loi du 6 décembre
1928 qui obligeaient les propriétaires de châtaigniers qui
désiraient en couper plus de 20 pieds, à en faire une déclaration
en bonne et due forme auprès de la préfecture. Cette loi
exigeait également que tout arbre taillé devait être
remplacé. Quand la dernière usine de teinture ferma ses
portes en 1936, pas moins de 2000 hectares sur 21000 de châtaigniers
avaient disparu.
V. La protection
et ses différents points de situation en Corse ainsi que la transformation
au niveau culinaire.
Il existe aujourd'hui un syndicat qui se préoccupe
essentiellement de la valorisation de la châtaigne, dont le titre
est "Groupement Régional des Producteurs et Transformateurs
de Châtaignes et Marrons en Corse".
Il a été créé le 3 octobre 1991, avec un conseil
d'administration composé de 14 membres. Les objectifs de ce groupement
régional concernent à la fois l'organisation, la coordination,
la défense des intérêts généraux, moraux
et matériels des producteurs et transformateurs de châtaignes.
Côté cuisine, châtaigne ou marron ont trouvé
chez nos grandes toques une utilisation gastronomique : charlotte aux
marrons, avec un côté exotique de rhum et de vanille, medley
de mangues et de marrons, velouté de châtaigne à la
truffe, l'incontournable dinde aux marrons, etc
En Corse, sous forme de granulats séchés, le fruit d'automne
sert à la fabrication de la Pietra, une bière blonde, brune
ou blanche dont on a écoulé l'an dernier 13000 hectolitres.
Outre la bière, les Corses font de la farine de châtaigne
qui entre par exemple dans la composition du plat corse traditionnel qu'est
la polenta, mais aussi des pains et gâteaux, crêpes et beignets.
La production mondiale
de châtaignes (1999)
Asie
(Chine, Corée du Sud, Japon)
225 000 tonnes
Turquie
90 000 tonnes
Italie
65 000 tonnes
Espagne
25 000 tonnes
France
11 000 tonnes
Grèce
10 000 tonnes
Europe
de l'Est
26 000 tonnes
Corse
1 200 tonnes
Tableau comparatif
des sels minéraux (en milligrammes pour 100 g.)